La rentrée scolaire – Un terrain propice à ce que les parents mettent la pression sans le vouloir à leurs enfants

La rentrée scolaire – Un terrain propice à ce que les parents mettent la pression sans le vouloir à leurs enfants

            Qu’on la redoute ou qu’on l’attende impatiemment (le club de vacances était si terrible que ça ??), elle est inévitable… Je veux bien évidemment parler de la rentrée !

Qu’on soit parents d’enfants ou d’adolescents, la rentrée rime le plus souvent avec rentrée scolaire et cette dernière rime avec achats de fournitures scolaires, d’emploi du temps de ministres à devoir gérer pour tous les membres de la famille, d’inscriptions à mille et une activités pour que notre enfant apprenne à jouer du violon sur un poney dans une piscine où les instructions sont écrites en mandarin et beaucoup d’autres choses encore. A ce rythme, à peine arrive la Saint Gabriel que nous rêvons déjà d’être de nouveau en vacances.

            Pour la plupart d’entre nous, cette période est donc source d’anxiété, une anxiété que l’on communique également à nos enfants de façon inconsciente et maladroite à travers une pression du quotidien ; une pression qui pourrait être évitée.

Règle numéro 1 – Pas d’affolement ! On fait ce qu’on peut du mieux qu’on peut et il en est de même pour les enfants. 

            Nous allons prendre un exemple classique, celui de l’enfant qui a du mal à se faire des amis à l’école. Evidemment en tant que parents et adultes bienveillants que nous sommes, nous voulons tout mettre en oeuvre pour aider notre enfant à aller toujours mieux mais nous ne savons pas ce qui se passe dans la tête de l’enfant. Est ce qu’il veut vraiment trouver des amis dans cette école ? A-t-il des difficultés d’interactions sociales ? Cherche-t-il à attirer l’attention sur lui ? Est-il victime de harcèlement ? Ce qui est certain, c’est que nous ne l’aidons pas en lui disant que cette année il va devoir se trouver des amis et qu’il ne peut plus rester tout seul pendant la récréation. Ce qui doit être fait normalement se fera naturellement. Si ce n’est pas le cas, c’est que que quelque chose ne va pas et que l’enfant n’en est pas responsable. Les adolescents dans la même situation, auront même généralement un certain plaisir à contredire leurs doux parents chéris d’amour en se renferment sur eux mêmes ou en se liant d’amitié avec des catégories de personnes jugées peu fréquentables par leurs parents.

            Donc, on reste vigilant en tout temps sur les fréquentations, ou moments de solitude, de nos enfants mais on fait attention à ne pas blesser davantage l’enfant qui est vraisemblablement déjà en difficulté dans ce domaine.

Règle numéro 2 –  Le passé c’est le passé et je donne la bonne dynamique d’un nouveau départ pour cette année.

            Il est possible que votre enfant ait fini l’année avec 5 de moyenne en mathématiques et 10 heures de colle parce que monsieur trouvait ça plus intéressant de parler de ses figures au foot fresstyle que de suivre le cours sur le théorème de Pythagore (piqure de rappel ? Perso, je suis preneur). Le mois de septembre signe le mois d’un nouveau départ, d’un renouveau, d’une nouvelle chance offerte à chacun d’entre nous de faire mieux que l’année écoulée. Evidemment nous mêmes en tant qu’adultes nous redoutons certains enseignants et certaines situations. On sollicite un RDV à l’école en début d’année en apportant un petit souvenir de vacances acheté à la boutique de l’aéroport ou de la gare pour l’offrir à la directrice en espérant qu’elle se montre gentille cette année et qu’elle ne nous appelle pas 3 fois dans le mois.

            Donc, quand bien même notre enfant ait eu malheureusement le prix de l’élève perturbateur champion toutes catégories, on garde à l’esprit qu’il a aussi beaucoup de qualités, que si on sortait la personne qu’il est, de l’environnement scolaire, c’est à dire sans les notes, sans les remarques des enseignants, sans la pression de réussite et d’orientation parfaite vers un avenir sans incident jusqu’à sa retraite, on serait face à un enfant qui veut souvent bien faire mais ne sais pas comment faire. Qu’il est mis en échec avant même d’avoir réellement essayé. On garde en tête qu’il se peut que l’enfant présente une difficulté d’ordre cognitif et que face à cette situation il ait choisi de faire rigoler ses camarades et qu’il n’en fallait pas plus pour qu’à l’école on déclenche l’alerte rouge le concernant, étiquette de mauvais élève à laquelle il finit par s’identifier.

Règle numéro 3 – Chaque enfant est unique et chacun d’entre nous, nous avons des points forts et des points faibles

            C’est toujours tentant de vouloir comparer son enfant à celui des autres…et dans le cadre scolaire la règle ne change pas. Ici nous allons prendre l’exemple d’un enfant qui revient à la maison avec une bonne note. Avez vous déjà demandé à votre enfant si un autre élève avait eu une meilleure note que lui ou de combien était la moyenne de la classe ? Et oui c’est ce que nous avons tous tendance à faire mais c’est une erreur. On loupe ici une occasion importante de féliciter et de valoriser notre enfant, peu importe si la moyenne de la classe était de 16 ou si Marie-Ange-Françoise-Eugénie troisième du nom ait eu comme à son habitude 19,75 sur 20 avec les compliments de la maitresse. L’enfant a besoin de sentir et de savoir qu’il est aimé par ses parents, non pas parce qu’il réussit mais parce qu’il est leur enfant. De la même manière, il n’a pas besoin d’être comparé avec les autres enfants surtout si ce qui en resort n’est pas à son avantage, ceci vaut pour tous les domaines.

            Donc, on fait attention à toujours renvoyer un feedback positif à nos enfants, peu importe les résultats et surtout peu importe les résultats des autres ! Lorsqu’un athlète termine le marathon en arrivant à la 81e position, il reçoit tout de même une médaille. On apprend alors à féliciter notre enfant au prix de ses efforts et on l’encourage à continuer dans cette voie pour qu’il trouve un intérêt à vouloir bien travailler et obtenir toujours de meilleurs résultats.

            L’essentiel est d’être toujours dans la communication avec son enfant tout en gardant le rôle de parent. Si l’enfant ne verbalise pas ses éventuelles inquiétudes, on part à la pêche aux informations de façon adroite et subtile tout en préservant la confiance de l’enfant. On n’oublie pas qu’un enfant est très malléable et que par définition il peut se nourrir aussi très rapidement de nos propres craintes. En cela il vaut mieux transmettre que du positif à notre enfant.

Gabriel RAFI


       

Mr. Gabriel Rafi

  • Graduated in neuropsychology and cognitive psychology from University Paris Descartes, France.