Vous avez besoin de faire un bilan neuropsychologique pour votre enfant?

Le bilan neuropsychologique

Il vous faut faire un bilan neuropsychologique à votre enfant et vous ne savez pas vers qui vous tournez ?

Qu’est ce qu’un bilan neuropsychologique ?

C’est l’évaluation des capacités cognitives chez une personne à un instant T. Que sont les capacités cognitives ? Ce sont les capacités attentionnelles, la mémoire, les fonctions exécutives (inhibition, flexibilité, mémoire de travail, planification, …), le fameux test de QI..

Le bilan neuropsychologique est fait par un neuropsychologue. Le neuropsychologue est un psychologue spécialisé en neuropsychologie, c’est à dire la science au carrefour entre les neurosciences et la psychologie. Il est diplomé d’une faculté de psychologie et a au minimum un bac +5.

Comment se déroule un bilan neuropsychologique ?

Le bilan peut être fait à l’hôpital, en structure ou en libéral.

Généralement à l’hôpital il y a un délai d’attente, en structure tout le monde n’est pas forcement accepté, faute de place. Il ne reste donc que la plupart du temps le bilan fait en ville.

La famille prend contact, sur les recommandations d’un médecin, d’un autre professionnel de santé ou de l’école, avec le neuropsychologue. Ce dernier propose un premier RDV qui s’appelle l’entretien d’anamnèse. Ce premier RDV a pour principal object de pouvoir revenir sur le parcours et le développement de la personne intéressée. Il est question d’aborder la scolarité et les apprentissages, le comportement, la gestion des émotions et les interactions sociales. Revenir sur les différents bilans ou suivis effectués jusqu’à présent ainsi que le quotidien et les éventuelles plaintes s’il y en a.

 

Ensuite le neuropsychologue détermine quel type de bilan il faudrait proposer en fonction des besoins et des points forts et points faibles à mettre en exergue pour pouvoir dans un second temps proposer des aménagements ou du moins des préconisations.

Le test de QI

La plupart du temps, lorsqu’on s’interroge sur le fonctionnement cognitif d’une personne et qu’aucun autre bilan n’a été effectué jusqu’à maintenant, le neuropsychologue propose un bilan de l’efficience intellectuelle, c’est le fameux test de QI.

Ce bilan, qui s’appuie sur le test WPPSI pour les moins de 6 ans, le WISC pour les enfants de 6 à 16 ans et la WAIS pour les plus de 17 ans, permet de donner une photographie du fonctionnement cognitif d’une personne à un instant T. Il est assez global. Selon moi il n’y a nulle nécessité de sacraliser le QI mais les résultats de ce bilan, s’il est bien fait, sont tout de même à prendre en compte à partir du moment où il s’agit d’une batterie de test normé, donc d’un outil de comparaison avec les performances d’autres personnes d’une même classe d’âge, indépendamment du regard de l’entourage et indépendamment du niveau d’exigence de l’environnement. Le QI trouve son intérêt que si nous sommes face à 2 profils, le profil Haut potentiel ou un retard global. Sans une homogénéité assez rigoureuse entre les résultats, le QI n’est pas interprétable. 

Ce bilan repose sur l’évaluation de 5 domaines de compétences. Il existe également des domaines optionnels où il devient intéressant de prendre en compte les résultats lorsque les scores obligatoires ne sont pas forcément interprétables.

Ces domaines sont : les compétences verbales, c’est a dire l’évaluation du niveau de vocabulaire, les capacités d’abstraction verbale et les compétences sociales et adaptatives. Le tout étant de voir si la personne a la connaissance des bons codes sociaux, sans forcément les appliquer mais au moins est ce que la personne en a la connaissance.

Le deuxième domaine est le visuo-spatial avec et sans manipulation d’objets.

Le troisième domaine est la logique avec et sans notion quantitative.

Le quatrième domaine est la mémoire de travail. C’est donc la capacité de pouvoir traiter une information sur un laps de temps assez court. Ce qui allie les capacités attentionnelles, la mémoire à court terme et la confiance en soi.

Enfin le cinquième domaine est la vitesse de traitement avec et sans production graphique.

Le neuropsychologue obtient des scores au sein des exercices, appelés Notes standards qui permettent de pouvoir comparer avec la tranche d’âge. Un score compris entre 9 et 11 ou entre 8 et 12, en fonction des références, est un score dans la moyenne, donc met en avant des performances qui suivent un développement dans la norme.

Le neuropsychologue obtient également des scores appelés Indices, que sont les scores pour chaque domaine. Un score entre 90 et 110 est situé dans la moyenne et suit donc également un développement normal.

Les résultats à ce test permettent déjà de déterminer s’il y aurait une nécessité à aller creuser davantage dans un domaine particulier qui pourrait être en dessous des autre performances en complétant le bilan par des tests neuropsychologues ou en orientant le patient vers un autre professionnel qui pourrait proposer un bilan plus poussé dans ce domaine. Par exemple, si les résultats mettent en avant des compétences plus fragiles au niveau du langage, il serait judicieux de compléter le bilan auprès d’une orthophoniste qui pourra proposer un bilan du langage oral et écrit. Si les résultats attestent finalement de compétences dans la norme mais que l’enfant présente un manque de confiance et par exemple une anxiété de performance, il sera intéressant de vous orienter vers un psychologue spécialisé dans la gestion émotionnelle. 

Les résultats permettent également de déterminer s’il y a une corrélation entre un mode de fonctionnement cognitif et des particularités sur le plan comportemental, émotionnel et psychologique comme par exemple c’est le cas pour le profil HP. Il vous faudra alors vous orienter vers un professionnel spécialisé chez la population HP.

Autres évaluations

D’autres évaluations rentrent dans l’appellation du bilan neuropsychologique.

Pour chaque fonction cognitive, il existe des batteries de tests ou des subtests qui permettent de pouvoir évaluer de façon spécifique les compétences cognitives en question.

Par exemple, si l’entourage se pose des questions sur la mémoire, il sera possible de faire un bilan axé sur les compétences mnésiques en prenant en compte les différentes modalités (mémoire à court terme, à long terme, mémoire auditive, mémoire visuelle, avec indiçage, sans indiçage, la qualité d’encodage, de stockage, de récupération, …). Il en sera de même pour les autres compétences cognitives citées en début d’article.

C’est en cela qu’il est important de prendre le temps de comprendre la demande du patient, d’écouter sa plainte, d’investiguer correctement le parcours du patient. Il n’y a pas toujours besoin de faire un bilan complet. Il est tout à fait possible de faire les tests étape par étape, si le besoin se présente.

Une fois le bilan effectué, le neuropsychologue corrige et interprète les résultats. Il rédige un compte-rendu qu’il remet au patient lors du RDV de restitution. Avec l’accord du patient, il peut être amené également à le communiquer à d’autres professionnels ou à l’établissement scolaire.

Le neuropsychologue profite de ce RDV pour expliquer les résultats et donner des préconisations.


       

Mr. Gabriel Rafi

  • Graduated in neuropsychology and cognitive psychology from University Paris Descartes, France.